Un couple passe sur le trottoir. De mon côté, je sors de la cour de l’épicerie avec mes quelques sacs dans les mains. Avant de m’engager sur le trottoir en question, j’attends quelques secondes pour gentiment laisser passer les deux amoureux. Malheureusement, le court moment d’attente qui m’a permis de céder le passage au couple a été assez long pour que le feu de circulation sur la rue que j’allais traverser passe au vert. Et hop! Une jolie file de voitures défile devant mes yeux. Je dois attendre deux bonnes minutes avant de pouvoir traverser. Et pour ajouter à mon lot de malchance, une fois la rue traversée, un camion-remorque recule en ma direction en sortant d’un stationnement vraiment mal situé. Bref, j’ai dû le contourner habilement pour perdre environ 17 secondes additionnelles. Je sais, je sais, vous devez vous dire : «ma foi, c’est la pire journée de ta vie»!
Je suis donc arrivé chez moi 2 minutes 17 secondes plus tard que prévu. Si on ajoute le temps que j’ai passé à me remettre de cette triste situation, j’ai perdu au moins 1 minute 11 secondes de plus. Et me voilà en train de perdre 15 minutes à vous raconter cette incroyable mésaventure. En somme, c’est 18 minutes 28 secondes de perdu dans ma journée. Tout ça à cause d’un couple insignifiant qui a décidé, d’une façon arbitraire et purement égoïste, de passer sur cette rue à ce moment précis. Si je me fie à la courbe de la rue et aux établissements environnants, le couple se dirigeait fort probablement vers le club vidéo. Toujours selon mon infaillible intuition, l’allure du couple laissait présager qu’ils s’apprêtaient à louer de la pornographie turque.
En conclusion, j’ai perdu beaucoup de temps dans ma journée. Juste par la faute d’un réalisateur turc qui a décidé, par un beau soir de novembre (sûrement), de laisser libre cour à ses fétiches et ses fantasmes.




