Ce lundi, 23 janvier 2006 le Canada entier se prononçait sur sa gouvernance. Avez-vous déposé votre vote stratégique dans l’urne? Si oui, bravo! Sinon, j’espère que vous avez une bonne raison du style : «je suis dans le coma» ou encore «ouais, ben je vis au Cambodge»! De mon côté, je n’ai pas manqué à mon devoir de citoyen. De toute façon, j’étais prêt, j’avais vu les «précieux» sondages…
Journal sous le bras, l’électeur s’en va en guerre. Non pas pour porter au trône celui qu’il prône, mais bien pour rayer du scrutin celui qu’il trouve crétin. On épluche la presse, puis on presse la peluche!
Les sondages tuent l’intention en la contextualisant de façon subjective. On se fend en quatre pour faire des lois qui protègent l’intégrité des électeurs, on va même jusqu’à interdire aux gens qui travaillent dans les bureaux de vote de porter du rouge ou du bleu pour ne pas séduire l’oeil de l’indécis. D’un autre côté, on placarde les journaux à grandeur de pays, d’une flaque d’eau à l’autre, avec des sondages stratégiques. Quelle merveilleuse logique!
Que la population souffre d’arythmie politique, ou qu’elle ait des spasmes électoraux, on prendra son pouls quand même. On ira même jusqu’à publier le cardiogramme à la une! L’électeur le mieux informé devient paradoxalement celui qui s’informe le moins.
Vous n’êtes pas d’accord ? Tant pis pour vous! Si vous n’aviez pas écouté les sondages une fois de plus, vous n’auriez pas lu ce texte.




