Au Québec, il est commun d’entendre parler d’un «trente sous» pour désigner une pièce de vingt-cinq cents. Qu’il s’agisse du téléphone public ou de l’itinérant, c’est d’un trente sous qu’ils ont besoin. Je me demande sincèrement comment est apparue cette manie d’arrondir le vingt-cinq cents, et lui seul, à la dizaine supérieure. Est-ce que l’on nomme la pièce de cinq cents comme une pièce de dix cents? Non jamais!
Lorsqu’une expression est très répandue, la langue française finit toujours par l’accepter et elle est intégrée aux dictionnaires. Pensez-y un peu, la pièce de vingt-cinq cents, reconnue internationalement comme un trente sous, c’est du 20% de profit pour les Québécois, rien de moins. Il y a de quoi ridiculiser tous les taux de change de la terre. Les rouleaux de caribous ne valent plus dix dollars, mais bien douze belles piastres! Exigez votre paye en trente sous mes amis, et déclarez-la à l’impôt en vingt-cinq cents. Votre marge de profit pourrait passer de 20%, à 30%, et peut-être même plus…
En guise de remerciement pour ce conseil, envoyez-moi tous vos pièces de 2 dollars. Elles sont vouées à disparaître de toute façon. Qui voudra de ses pièces stupides lorsqu’il est possible d’avoir 8 trente sous à la place. Allez! envoyez-moi vos billets de banque aussi, vous seriez illogique de ne pas le faire!




