FOSSOYEUR 1 — Hé ! Continue de creuser, on n’est pas là pour se reposer. On se reposera après avoir creusé ce trou.
FOSSOYEUR 2 — Ouais, ouais… Désolé, j’étais pensif.
FOSSOYEUR 1 — Tu pensais à quoi ?
FOSSOYEUR 2 — Non, rien. Tu rirais de moi.
FOSSOYEUR 1 — Non non, vas-y.
FOSSOYEUR 2 — Non, tu rirais de moi, j’te dis !
FOSSOYEUR 1 — Écoute, on est entre nous. Tu peux me le dire.
FOSSOYEUR 2 — Qu’est-ce que tu fais du grand gars, là-bas, qui nous regarde ?
FOSSOYEUR 1 — Celui avec l’appareil photo ?
FOSSOYEUR 2 — Non, l’autre à côté.
FOSSOYEUR 1 — Il est trop loin pour entendre, ne t’inquiète pas.
FOSSOYEUR 2 — OK, OK. Je me disais que si on creuse ces trous, c’est pour des cadavres, non ?
FOSSOYEUR 1 — Oui, et puis après ?
FOSSOYEUR 2 — Eh bien, je me demandais de quoi ces cadavres auraient l’air. En fait, je me demandais s’il pouvait y avoir des jeunes filles, encore fraîches, avec qui on pourrait…
FOSSOYEUR 1 — Ah, tu pensais pas vraiment à ça ?
FOSSOYEUR 2 — Ha ! Ha ! Mais avoue que ce serait une expérience unique.
FOSSOYEUR 1 — Me faire arracher un bras serait aussi une expérience unique et je n’ai vraiment pas envie, désolé.
FOSSOYEUR 2 — T’es trop timide. Tu ne te laisserais pas aller, même si c’était la dernière chose que tu ferais dans ta vie ?
FOSSOYEUR 1 — Je prierais avant de mourir, je ne fourrerais pas une femme morte depuis deux jours.
FOSSOYEUR 2 — Elle pourrait être plus fraîche que ça.
FOSSOYEUR 1 — La question n’est pas là !
Silence.
FOSSOYEUR 2 — Même une morte en bon état ?
FOSSOYEUR 1 — Ta gueule !
Silence.
FOSSOYEUR 2 — En plus, ça ne dérangerait pas si tu te trompais de trou…
FOSSOYEUR 1 — Tu veux bien la fermer ? Accélère le rythme, ils viennent nous voir.
OFFICIER NAZI — Le trou est assez gros, vous pouvez arrêter de creuser, sales Juifs.
FOSSOYEUR 2 — Merci, monsieur.
L’officier nazi tire une balle dans la tête du fossoyeur 2. Les morceaux de cervelle éclaboussent le fossoyeur 1 qui, pétrifié, se met à pleurer.
OFFICIER NAZI, pointant le fossoyeur 1 — À présent, enlève tes vêtements et enfonce ta queue dans l’anus de ton ami. Allez, ne sois pas timide. J’peux t’arracher un bras si ça peut t’aider à bander. (Il se tourne vers le soldat nazi.) Tu vas prendre tout ça en photo ? Ça va être meilleur que les photos de Thomas en train de battre un Juif avec sa propre jambe. Les autres officiers vont être morts de rire !




